Climat politique et institutionnel
La semaine est marquée par l'entrée en phase opérationnelle du dialogue national mauritanien, avec des consultations en cours entre partis pour constituer la commission de supervision confiée à Mousa Fal. La majorité présidentielle a toutefois reporté la désignation de ses représentants, formant une commission interne pour définir ses positions, tandis que deux nouveaux partis, Hâlim et le Parti de la Réconciliation Nationale, ont rejoint sa coalition. En parallèle, une déclaration des élus du Trarza appelant à un débat constitutionnel sur un troisième mandat pour Ghazouani a suscité des réactions tranchées : l'UFP condamne cette campagne comme une menace pour la stabilité, et Tawassoul se distingue par deux prises de position notables — la dénonciation de l'arrestation du général Ould El Maaiouf pour ses propos médiatiques, et la demande de renforcement du contrôle des chantiers après l'effondrement de Mal. L'opposition démocratique, de son côté, conteste l'indépendance de la commission d'enquête gouvernementale sur les incendies des sous-stations électriques de Nouakchott et réclame une participation de la société civile, tandis qu'une ONG pointe une entreprise liée à un député dans la fourniture de câbles non conformes.
Dynamique économique et sociale
La flambée des prix de la viande constitue le principal dossier socio-économique de la semaine. Face aux tensions sur les marchés, le gouvernement a d'abord fixé par décret des prix plafonds à Nouakchott — 3 000 ouguiyas le kilo pour le bœuf et le chameau, 3 700 pour l'agneau — avant que le Premier ministre Mokhtar Ould Djay n'ordonne l'extension de ce plafonnement à l'ensemble des communes, avec création de commissions locales de régulation. Des équipes mixtes des ministères du Commerce et de l'Élevage ont commencé à patrouiller les marchés de la capitale. Sur le plan agricole, deux projets structurants retiennent l'attention : le programme national de 10 000 emplois directs en agriculture, dont la première phase est évaluée sur cinq wilayas, et un projet italo-mauritanien visant la mise en valeur de 10 000 à 20 000 hectares au Brakna avec introduction du blé. Par ailleurs, un forage record à 518 mètres à Tintane marque une avancée dans l'exploration des eaux souterraines, et 28 nouveaux centres de santé s'apprêtent à ouvrir dans les neuf arrondissements de Nouakchott. Le FMI a aussi conduit une mission à Nouakchott pour moderniser les statistiques des finances publiques et de la dette des entreprises d'État.
Sécurité et justice
L'effondrement d'un bâtiment en construction à Mal, dans la wilaya du Brakna, a dominé l'actualité sécuritaire de la semaine, faisant cinq morts et cinq blessés parmi une quinzaine d'ouvriers, dont deux de nationalité sénégalaise. Le président Ghazouani a ordonné la mobilisation des secours, rappelant le wali de congé ; des équipes venues d'Aleg, Kaédi et Nouakchott ont fouillé les décombres, au moins un travailleur restant possiblement enseveli. L'incident a conduit Tawassoul à réclamer une révision du cadre législatif du BTP. Sur le front du trafic de stupéfiants, la gendarmerie de Nouakchott a démantelé deux réseaux distincts, opérant notamment depuis une épicerie proche d'une école, avec 15 arrestations et la saisie de plus de 3 kg de cannabis, 40 bouteilles d'alcool et des psychotropes ; une brigade douanière a par ailleurs intercepté cocaïne, résine de cannabis et 6 060 comprimés à la frontière nord. Au Mali voisin, l'armée a mené des frappes aériennes dans les régions de Douentza et Bandiagara, et ciblé un dépôt logistique à Modiakouyi dans le cadre de l'opération Dougoukoloko. Au Niger, une tentative de mutinerie dans la nuit du 28 au 29 août à la base 101 de Niamey a été réprimée avec l'appui du corps africain russe, faisant trois morts parmi les gardes présidentiels ; les autorités nigériennes ont saisi un important arsenal et mis en cause plusieurs puissances étrangères, dont la France, le Tchad, le Bénin et la Côte d'Ivoire.
Tendances diplomatiques
La semaine enregistre deux succès diplomatiques mauritaniens majeurs : la nomination d'Ismail Ould Cheikh Ahmed au poste de secrétaire général de l'OCI, que Ghazouani a reçu à Kiffa pour recevoir sa gratitude, et la confirmation de la présidence mauritanienne du Groupe de la Banque africaine de développement. Sur le plan bilatéral, le ministre des Affaires étrangères a reçu successivement les ambassadeurs qatari et indien, tandis qu'un nouvel ambassadeur mauritanien présentait ses lettres de créance à Abu Dhabi. Des négociations avancent avec la Russie pour des accords d'extradition et de transfèrement de condamnés, suite aux accords du Forum de Saint-Pétersbourg de juin. Le ministre de la Défense a représenté Ghazouani au sommet extraordinaire de l'UA à Luanda consacré à la prévention des conflits, plaidant pour traiter les causes structurelles de l'instabilité africaine. La Mauritanie a par ailleurs condamné les attaques visant plusieurs pays du Golfe, dont un pétrolier saoudien au détroit d'Ormuz. À l'ONU, l'adoption à 164 voix d'une résolution encourageant le remplacement de la projection Mercator par Equal Earth, à l'initiative africaine, constitue un signal symbolique notable, les États-Unis ayant été le seul pays à voter contre.